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Pour le printemps.

« Joies d'été

La danse, le soir, parmi les lumières des arbres – ce sont les feuilles – Et la foule accouplée tourne entre les trottoirs, les murs et une palissade énorme qui monte se cacher dans l'ombre. Les fenêtres ouvertes sont des trous dans l'air et près du toit des masques se balancent. Têtes blanches, têtes pâles, têtes masquées elles ont l'air de pleurer sur les gens qu'elles regardent. Le bal est un tourbillon, et le vent sort pour secouer les branches qui tremblent un moment dans un nuage. La terre s'évapore en poussière et vole pour bientôt s'arrêter dans la nuit.
Dix mille pieds raclent le sol ; les têtes sont mêlées et se rapprochent. La danse, le bal avec la joie indifférente, le plaisir physique et l'union des êtres dans le monde. Les bras sont des crampons que l'on jette au premier venu dans le tourbillon du naufrage. »

Pierre Reverdy
Extrait de La Lucarne ovale (1916)